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RENTRÉE SCOLAIRE ET CÉPHALÉES : DERRIÈRE LES CARTABLES, UNE RÉALITÉ SOUVENT INVISIBLE

La rentrée, ce sont les cartables préparés, les nouveaux emplois du temps, les retrouvailles avec les copains et la reprise d’un quotidien bien réglé.

Mais dans certaines familles, septembre signifie aussi autre chose : faire une place aux céphalées dans une organisation qui, elle, ne peut pas s’arrêter.

Parce qu’un enfant peut souffrir de migraine. Parce qu’un adolescent peut devoir suivre une journée de cours après une nuit difficile. Mais aussi parce qu’un père ou une mère peut préparer les enfants pour l’école alors qu’une crise vient de commencer.

Et de tout cela, on parle encore trop peu.

La migraine et les autres céphalées ne concernent pas uniquement les adultes.

Pour un enfant ou un adolescent atteint, la rentrée peut faire ressurgir des difficultés que les vacances avaient parfois mises entre parenthèses : rester plusieurs heures dans une classe bruyante, supporter certaines lumières, se concentrer malgré la douleur, suivre le rythme des cours ou simplement expliquer une nouvelle fois pourquoi il ne peut pas continuer sa journée.

Une crise peut arriver en mathématiques, pendant le sport, à la cantine ou au milieu d’un contrôle.

Et lorsqu’elle arrive, l’enfant ne devrait pas avoir à choisir entre supporter en silence et être considéré comme celui qui veut encore manquer les cours.

La première chose dont il a besoin est d’être cru.

Une céphalée peut rendre momentanément impossible ce qui semblait parfaitement réalisable une heure auparavant. Ce caractère imprévisible est justement l’une des difficultés de ces maladies.

Derrière un enfant atteint de céphalées, il y a aussi souvent des parents qui anticipent énormément.

Qui prévenir à l’école ? Que se passe-t-il si une crise commence ? Qui pourra venir le chercher ? Son traitement pourra-t-il être pris ? L’enseignant saura-t-il reconnaître les premiers signes ? Que faire si les absences deviennent nombreuses ?

Cette charge ne se voit pas sur la photo de rentrée.

Et puis il existe une autre situation dont on parle encore moins : celle des parents eux-mêmes atteints de céphalées.

La migraine, l’algie vasculaire de la face ou les névralgies ne disparaissent pas parce que c’est le jour de la rentrée.

Il faut pourtant se lever, préparer les enfants, vérifier les affaires, les accompagner, reprendre le rythme des activités et assurer tout ce qui fait la vie d’une famille.

Certains parents feront cette rentrée avec une douleur déjà présente. D’autres vivront avec cette petite inquiétude permanente : « Et si une crise arrive au moment où je dois aller le chercher ? »

Cela demande une organisation considérable et, parfois, beaucoup de culpabilité.

Pourtant, devoir demander de l’aide ou ne pas pouvoir assurer certaines choses pendant une crise ne dit rien de la qualité d’un parent.

Lorsqu’un enfant souffre régulièrement de céphalées, quelques échanges en début d’année peuvent changer énormément de choses.

L’objectif n’est pas de placer l’enfant à part. Au contraire : il s’agit de lui permettre de poursuivre sa scolarité dans les meilleures conditions possibles.

Un enseignant qui connaît la situation comprendra plus facilement pourquoi un élève demande soudainement à sortir. Une infirmière scolaire informée pourra mieux l’accompagner. Et une équipe qui sait qu’une crise peut nécessiter du calme, moins de lumière ou l’application des consignes médicales évitera parfois beaucoup d’incompréhensions.

Lorsque les céphalées ont un retentissement important sur la scolarité, il est également possible d’échanger avec les professionnels de santé et l’établissement sur les aménagements qui peuvent être mis en place.

Il ne s’agit pas d’accorder un privilège.

Il s’agit de donner à l’enfant les mêmes chances de poursuivre sa scolarité malgré sa maladie.

À l’Association Française des Céphalées, nous voulons que cette réalité soit davantage connue.

Nous voulons parler des enfants qui vont parfois en cours avec une migraine que personne ne voit. Des adolescents qui doivent expliquer leurs absences. Des parents qui se battent pour faire comprendre la maladie de leur enfant.

Mais aussi de ces mamans et de ces papas atteints eux-mêmes, qui continuent à faire tourner la maison, à préparer les cartables et à accompagner leurs enfants alors qu’ils vivent avec une maladie douloureuse et imprévisible.

La rentrée est un moment important pour ouvrir le dialogue avec l’école, mais aussi au sein de la famille.

Parce qu’un enfant ne devrait jamais avoir honte de dire qu’il a mal.

Et qu’un parent ne devrait jamais avoir à culpabiliser d’être malade.

En cette rentrée 2026, l’AFC souhaite une belle année scolaire à tous les enfants, à leurs familles et une pensée particulière à toutes celles et ceux pour qui cette rentrée demande un peu plus de courage, d’anticipation et d’adaptation que pour les autres.

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