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Céphalées par abus médicamenteux

La céphalée par abus médicamenteux est considérée comme une céphalée secondaire qui survient chez des personnes préalablement migraineuses, suite à une prise excessive et régulière d’antalgiques et/ou d’anti-migraineux spécifiques qui induit et entretient une céphalée chronique quotidienne. Parfois la céphalée par abus médicamenteux est installée depuis longtemps, faisant que le patient est dans l’incapacité de se souvenir si la surconsommation médicamenteuse a précédé l’apparition de la céphalée chronique quotidienne ou si cette surconsommation a simplement fait suite à l’installation de la céphalée chronique quotidienne.

Il existe plusieurs types de céphalées médicamenteuses:

  • Céphalée par abus de triptans (prise régulière d’un triptan au moins 10 jours par mois depuis plus de 3 mois)
  • Céphalée par abus d’antalgique simple (prise régulière d’un antalgique simple au moins 15 jours par mois depuis plus de 3 mois.
  • Céphalée par un abus d’opioîde (prose régulière d’un opioîde au moins 10 jours par mois depuis plus de 3 mois)
  • Céphalée par abus d’antalgiques combinés ( prise régulière d’un ou plusieurs antalgiques combinés au moins 10 jours par mois depuis plus de 3 mois)
  • Céphalée par abus de plusieurs classes médicamenteuses non surconsommées individuellement (prise régulière de toute combinaison d’ergotamine, de triptans, d’antalgiques, d’opioîdes, avec un total de 10 jours par mois depuis plus de 3 mois sans utilisation excessive d’un seul médicament, ou d’une seule classe de médicaments)

L’entretien d’une céphalée par abus médicamenteux résulte dans le fait que le patient présente une céphalée de rebond dès lors qu’il arrête les prises du ou des médicaments concernés. Ainsi lorsque le patient reste plus de 10 jours sans céphalée lors d’une période sans prise médicamenteuse, le diagnostic de céphalée par abus médicamenteux ne peut pas être retenu.

Les symptômes associés à une céphalée médicamenteuse sont:

  • Asthénie
  • Irritabilité
  • troubles cognitifs, notamment une diminution de la concentration.
  • troubles du sommeil

On considère que l’abus médicamenteux induit la transformation d’une céphalée primaire épisodique, en céphalée chronique quotidienne, puis l’entretient.

Conséquences :

En l’absence de prise en charge thérapeutique adaptée , elle s’aggrave inéluctablement dans un cercle vicieux qui combine l’aggravation de la céphalée et des signes associés à l’augmentation de la consommation médicamenteuse. Cette aggravation est responsable d’une altération de la qualité de vie qui peut être très importante.

Sevrage Médicamenteux :

Dès lors que le diagnostic est suspecté, une céphalée médicamenteuse doit être traitée par l’interruption de l’abus médicamenteux en cause. Le sevrage médicamenteux va provoquer une céphalée de rebond dont la sévérité est en fonction du ou des médicaments dont le patient abuse.

La céphalée de rebond faisant suite au sevrage des triptans apparaît plus précocement et est moins sévère que celle survenant après le sevrage des opioïdes. cette céphalée de rebond est le principal facteur limitant le traitement de la céphaléepar abus médicamenteux avec l’absence de prise de conscience par certains patients de l’entretien de la céphalée chronique quotidienne par l’abus médicamenteux.

Cette prise de conscience est essentielle à la prise en charge, cette dernière ne pouvant être envisagée que si le patient est volontaire pour effectuer le sevrage médicamenteux.

Le sevrage peut être réalisé en milieu hospitalier ou en ambulatoire.

Les sevrages :

  • En ambulatoire :
  • migraine antérieure, abus médicamenteux simple, abus médicamenteux récent, faible comorbidité anxiodépressive, forte motivation du patient.
  • En hospitalisation :
  • Céphalée de tension antérieure, abus médicamenteux multiple ou ancien, échec du sevrage en ambulatoire, comorbidité anxiodépressive.

Les résultats :

Les résultats du sevrage médicamenteux sont le plus souvent excellents dans les suites immédiates, à savoir le retour une expression céphalique épisodique et une consommation de traitement de crise ou d’antalgiques qui ne doit pas dépasser deux jours par semaine. Malheureusement le bénéfice disparait souvent après quelques mois, il peut y avoir un risque majeur de rechute dans le 6 premiers mois qui suivent le sevrage initial.

Il faut savoir que le risque est plus élevé si :

  • La céphalée primaire est une céphalée de tension
  • L’abus était multiple et impliquait des opioïdes
  • le patient souffre d’un comorbidité anxiodépressive importante

Conduite à tenir:

La prévention passe par quelques principes de bon sens qui sont à la base d’une bonne prise en charge des migraineux souffrant de céphalées de tension.

  • N’utiliser les antimigraineux spécifiques que pour traiter les crises migraineuses et les antalgiques non spécifiques pour traiter les épisodes de céphalées de tension.
  • Envisager un traitement dès lors que la consommation médicamenteuse dépasse plus de 2 jours par semaine depuis plus de 3 mois.

Soyez vigilents avec votre consommation, cela peut très vite dériver.

J’espère que cet article vous aidera à y voir plus clair su le sujet. N’hésitez pas à me contacter par mail si besoin.

Isabelle

3 pensées sur “Céphalées par abus médicamenteux&rdquo ;

  1. Laurence ARNAUD dit :

    Bonjour,
    Migraineuse chronique depuis 30 ans, dois-je me sevrer des opioides avant d’utiliser éventuellement les anti corps monoclonaux pour que ces derniers fassent effet. La dépendance médicamenteuse peut-elle interargir à ce nouveau traitement ? et donc patienter en souffrant ?
    Merci pour votre réponse,
    Bien à vous
    Laurence

  2. Laurence ARNAUD dit :

    Bonjour, Migraineuse chronique depuis 30 ans, dois-je me sevrer des opioides avant d’utiliser éventuellement les anti corps monoclonaux pour que ces derniers fassent effet. La dépendance médicamenteuse peut-elle interargir à ce nouveau traitement ? et donc patienter en souffrant ? Merci pour votre réponse, Bien à vous Laurence

    1. Isabelle Schaal dit :

      Bonsoir
      Vous devez impérativement consulter un neurologue pour celà. Seul un neurologue pourra vous indiquer comment procéder pour le sevrage des opioides, et également évaluer si vous pouvez essayer les anticorps monoclonaux.
      Tenez nous au courant, et si vous avez besoin que l’on vous oriente vers un neurologue n’hésitez pas à nous envoyer un mail.
      Courage
      Isabelle

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